Les cités de lumière du monde intérieur (1/3)

Publié le 24 Janvier 2021

 

Message du Professeur Zolmirel

Me voici devant vous pour un nouveau message.

Je poursuis mon récit, celui au cours duquel, avec mes compagnons, Zilmis et Erazel, nous avions plongé dans les tréfonds de notre planète.

Par bien des aspects, ces tréfonds obscurs grouillaient de vie, en particulier, la vie du cristal, électrique, lumineuse et si sensible. Nous avions eu la chance d’observer un ballet joyeux de créatures minuscules, qui nous enchantèrent. Un court instant, je songeais à une présence, lointaine, aimée, une silhouette apparut brièvement en mon esprit.

Zilmis me surprit au matin, l’air bien pensif et s’interrogea.

  • Je croyais avoir entraperçu un court moment, celui qui habite mes pensées, mais j’ai sans doute rêvé…
  • En aucune manière, répondit Erazel avec un large sourire. Je l’ai senti moi aussi, un écho télépathique bienveillant très agréable.

Je fixais éperdument notre si sage navigatrice. Cela se pouvait-il seulement ?

  • Nous approchons des rivages du monde intérieur, souffla-t-elle en un murmure.

Effectivement, la grotte magnifique dans laquelle nous nous trouvions révéla un étrange spectacle. Tout d’abord, ce furent les ruines d’une fastueuse cité, bâtie au ras de la falaise. Puis, vint un puits étrange, veiné de parois aux éclats jaune pâle. Des flammèches semblaient s’en échapper. Cela dit, Erazel y fit plonger notre petit navire en toute tranquillité. Le puits devint ensuite horizontal. Notre petit transport fut secoué en tous sens et tout ce qui n’y était pas fermement accroché, se retrouva par terre.

Puis, vint une sensation incroyable, métaphysique. Nous nous sentions traversés par une force terrible et magnanime à la fois. Chacun de nous décolla de son siège. Si nous n’avions pas pris la peine de nous attacher nous aussi, nous nous serions mis à flotter comme les livres et les couverts éparpillés autour de nous dans les airs. Notre envol cessa, et le couloir devint tout de blanc, éclatant de lumière et prodigieusement beau.

Ensuite, je ne me souviens absolument pas, mon front ayant fait douloureusement connaissance avec une encyclopédie qui m’assomma net.

Lorsque j’ouvris les yeux, Erazel et Zilmis m’observaient avec inquiétude. Le petit vaisseau était mystérieusement en ordre. Tout le fouillis et la vaisselle brisée avaient disparu, et même l’un des ustensiles préférés de Zilmis, complètement cabossé, avait retrouvé sa forme originelle.

  • Comment vous sentez-vous ? s’inquiéta notre si sage ancienne.
  • A moitié endormi et éveillé à la fois… A combien d’autres prodiges vais-je encore pouvoir assister ? exposais-je en riant.
  • Le désordre ne sied guère à une expédition, s’empressa d’ajouter Erazel humblement. De plus, comment Zilmis pourrait-il œuvrer en cuisine en un tel lieu ?

Nous avons éclaté d’un grand rire. Je surpris quelques ouvrages, ainsi que des habits qui allèrent s’envoler pour se remettre d’eux mêmes en nos placards et en nos coffres. Une lampe au pied fracassé retrouva mystérieusement son intégrité.

Erazel me fit un clin d’œil amusé et regagna le siège du pilote. Un spectacle infiniment beau se révéla à nous.

Par delà la grotte aux murs blancs brillants, une cité toute de cristal se dessinait devant nous. Que dire de pareille beauté, sinon, qu’elle semblait entièrement faite de calcite, avec des formes florales épanouies du plus bel éclat ?

Un ensemble de jolies petites tours coiffées de dômes colorés apparut, avec au delà, une clarté intense. A perte de vue, par delà cette cité, la grotte laissait place au firmament éclatant du ciel empli de beaux nuages d’or ou de rose pur. Et au dessous, une prairie émeraude en pleine santé abritait les plus magnifiques fleurs qui soient.

C’était là le grand royaume de l’Intérieur, et nous avions réussi à l’atteindre ! Nous avons contemplé ce paysage étonnant, d’une beauté absolue, sans souffler mot. Nous nous sentions si immensément bien que le souvenir du livre qui m’avait assommé, s’était déjà éloigné de moi. Notre petit vaisseau franchit plusieurs petits ponts, ainsi que trois arcades colorées, à allure lente, pour nous permettre de contempler cette radieuse cité le mieux du monde.

A notre arrivée, une petite assemblée nous attendait. Nous avons dévisagé avec bonheur des aliens Kolals, Galmols ou Ilstirr, de toutes les apparences possibles. Leur teint était bleu lumineux, blanc éclatant, vert pâle, rouge, rosé ou même mauve et jaune d’or. Chacun de ces êtres émettait une très belle lumière colorée, qui l’entourait comme une bulle. Autour d’eux, des hommes et femmes de lumière très agréables également se tenaient là. Malgré leur allure si dissemblable, ils formaient le même peuple. Nous sommes descendus du vaisseau et les êtres rirent doucement en voyant notre air abasourdi. J’eus l’impression d’entrer dans quelque rêve, lorsque je vis de jeunes aliens si proches de l’allure des enfants mais au teint argenté, bleu pâle ou nacré. Parmi eux, se trouvait un être très menu, qui rappelait fortement un Gzoki, ou un gris malingre. Son visage en cet instant trahissait le bonheur et la joie la plus immense !!!

Tous ces êtres nous accueillirent dans la joie la plus absolue. Chacun de nous fut étreint et félicité pour ce si long voyage. Erazel embrassa plusieurs membres de cette joyeuse assemblée, qu’elle avait l’air de fort bien connaître. Quelques uns de ces êtres firent de paisibles gestes de la main et notre petit vaisseau fut emmené en un centre de remisage.

Des musiciens nous entourèrent, et bientôt, la petite assemblée se mit à chanter. J’avais le cœur empli d’amour à ce son, à ces paroles formulées en une langue mystérieuse, que je compris néanmoins. Ces chants étaient pour nous souhaiter la bienvenue et louer notre courage. Les êtres de Lumière n’oublièrent pas de mentionner le petit être de la caverne obscure, qui avait été emmené vers une vie bien plus douce, ainsi que les quatre aliens rescapés, eux aussi recueillis par les habitants de l’intérieur. C’était à croire qu’ils avaient assisté à absolument toutes nos aventures !

Je n’en éprouvai aucune contrariété, mais plutôt, une très grande admiration. Il était clair que tous les prescients communiaient entre eux. Car, que dire de l’immense prescience de notre chère Erazel ? Sans sa présence, ce voyage aurait été absolument impossible. Je savais que les anciens, comme elle, étaient souvent sollicités. Et il me sembla tout à fait logique de considérer le fait que malgré sa présence en notre expédition, Erazel avait pu aider d’autres êtres loin de nous, très loin dans les montagnes et aussi dans l’espace. C’était bien ce qui était dit en ce chant joyeux, éclatant de pureté. Erazel, un peu embarrassée rosit, de même que Zilmis et moi-même.

Nos hôtes si accueillants, nous menèrent à un bel escalier de pierre, proche du marbre beige le plus parfait, mais dont les marches, semblaient parcourues d’énergie. Tout ici semblait vivant.

Une jolie tour de pierre arrondie avec trois salles spacieuses, nous attendait. Nos hôtes si prévenants, y avaient déjà apporté nos effets. Le grand alien Kolal au teint rouge qui me faisait face, avisa une assez large bosse sur mon front. Il tendit sa main en un geste très tendre pour l’effleurer. Aussitôt, la douleur qui oppressait quelque peu mes tempes décrut. L’alien eut un petit rire amusé et s’effaça.

Notre soirée, fut extrêmement paisible. Comprenant que nous étions plutôt fatigués, les êtres de Lumière ne nous troublèrent aucunement. Ils donnèrent un récital de très belle musique aux accents paisibles le soir venu. Une paix graduelle nous entoura, Zilmis et moi-même et lorsque nous avons pu entrer dans le sommeil, nous n’étions même pas surpris de voir comme des rideaux de lumière s’échapper de nos visages, et de nos mains pour nous relier.

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes : 

Rédigé par Nouvelle conscience

Publié dans #Professeur Zolmirel

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