loi anti-mafia ( au Canada )

Lors de la campagne électorale de novembre 2000, j’avais proposé une loi antigang. Aucun autre parti n’avait au départ appuyé une telle mesure, mais devant l’appui presque unanime de la population, tous les partis se rallièrent. Ce combat ne fut pas de tout repos: ma conjointe et moi fûmes même sous la protection de la GRC à la suite de menaces proférées par des membres des Hell’s Angels.

 

Cette loi permet d’inculper toute personne ayant commis un crime en s’associant à d’autres personnes dans le but de commettre ledit crime. Cette personne est alors accusée de gangstérisme. De plus, une autre loi permettra de saisir tout bien acquis par voie criminelle en renversant le fardeau de la preuve.

Aller plus loin

Nous voulions à l’époque aller plus loin en interdisant l’existence de groupes criminels, tels la mafia et les groupes de motards criminels, comme les Hell’s Angels.

Le Bloc québécois n’a pas réussi à convaincre le Parlement canadien d’agir. Je me souviens que le ministre de la Justice d’alors, Allan Rock, s’opposait à une telle mesure. Il affirmait qu’on ne condamne pas des personnes pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font. Je lui avais répliqué que certains individus font ce qu’ils font parce qu’ils sont ce qu’ils sont!

Les groupes terroristes sont interdits, pourquoi pas les groupes criminels?

Le gouvernement Harper a pris des mesures afin de rendre illégale la présence au Canada de groupes terroristes. L’État peut ainsi saisir les avoirs de tels groupes en plus, il va sans dire, d’interdire toute activité sur le territoire.

Dites-moi en vertu de quelle logique ces mesures ne s’appliqueraient pas à des groupes criminels? La mafia et les Hell’s Angels ne représentent-ils pas un danger tout aussi grand pour notre société que ces groupes terroristes? Sont-ils moralement plus acceptables? Poser ces questions, c’est y répon­dre! Certains pays ont adopté de telles lois, comme l’Italie. Qu’attend le gouvernement fédéral pour agir?

 

Démocratie atteinte

Tout comme les groupes terroristes, les groupes criminels minent notre démocratie.

Les groupes terroristes s’attaquent aux fondements mêmes de notre démocratie, mais les groupes criminels ne font-ils pas la même chose, bien que de façon différente?

Quand les groupes criminels utilisent systématiquement les menaces, l’intimidation et la violence pour régler leurs différends ou pour imposer leur «loi», n’est-ce pas là une attaque directe contre la démocratie? Quand les groupes criminels se remplissent les poches en menant non seulement des activités illicites, tels le trafic de la drogue et la corruption d’élus et de fonctionnaires, mais également en infiltrant l’économie légale, n’est-ce pas encore une fois une attaque direc­te contre la démocratie?

Quand les groupes criminels corrompent des milliers de jeunes par la drogue, n’est-ce pas là une attaque directe contre notre avenir collectif? Quand beaucoup de jeunes qui veulent sortir de la pauvreté sont inspirés par l’exemple des gangs de rue ou par les «paths» des Hell’s Angels, n’est-ce pas là un signal d’alarme?

Je réponds OUI à toutes ces questions. Je souhaite surtout que le gouvernement Harper, et en particulier le sénateur Boisvenu, plutôt que de s’acharner sur les jeunes contrevenants, prenne ses responsabilités et s’attaque aux vrais bandits.

Nelson

Si le Gouvernement Fédéral ne prend pas ses responsabilités, en ayant tous les pouvoirs pour le faire, il est complice et coupable de tout ce qu'arrive.

Personne comprend que la société soit prise en otage par des gens qui fonctionnent avec les menaces de mort et qui font peur aux politiciens, les fonctionnaires, les élus, les entrepreneurs, et la société tout entière.

Nous avons l'armé, plusieurs corps de Police et de Sécurité Publique, les gouvernements, le parlement à Ottawa et les Chambre des Communes dans les provinces, les Lois, LA JUSTICE, les 3 pouvoirs de l'État.......il n'y a aucun raison pour se laisser faire par certains délinquants dangereux.

La nationalité canadienne est un privilège pour les immigrés....rien ne justifie de ne pas la retirer lors que certains parmi eux mettent en danger la société....et les déporter.

Jean RÉMILLARD

Bonjour M. DUCEPPE!

Je suis d'autant plus d'accord avec vos propos que j'avais passé de porte en porte pour faire signer la pétition du Bloc contre les gangs criminalisés, il y a une décennie... Mais aujourd'hui, il faut "corriger la passé" et "prévoir l'avenir"...

POUR LE PASSÉ: Il faudra que Québec prévoit des peines qui compenseront les contribuables pour les décennies de vols de deniers publics par les mafias. Je pense à des peines comme celles qu'inflige l'Italie aux mafieux et celle qui fut infligée à la société automobile Renault après la guerre pour avoir collaboré avec l'ennemi allemand: nationalisation pure et simple! Ainsi, tous les avoirs mal acquis par les mafieux, au premier chef desquels on trouve les entreprises, pourront être expropriés sans compensation par l'État, qui les gèrera sous forme de société d'État avant, éventuellement, de les revendre à des entreprises plus honnêtes. Ces peines ne pénalisent donc pas les salariés et n'entravent pas la vie de l'entreprise. Mais je crains que nos dirigeants n'aient pas ce courage politique...

POUR L'AVENIR: Par ailleurs, j'ai entendu que le PQ veut recourir au Conseil du Trésor pour diminuer la corruption au municipal. Mais est-ce que ce même Conseil a su voir la corruption au niveau provincial? Vaudrait mieux un organisme vraiment indépendant de la politique avec des pouvoirs réels pour examiner en tout temps les contrats donnés par les administrations. Cet organisme pourrait prendre la forme d'une BANQUE ADMINISTRATIVE dans laquelle seraient déposés tous les revenus des municipalités et qui aurait les pouvoirs des Trésoriers Payeurs Généraux en France, lesquels peuvent refuser de payer lorsque des conditions précises ne sont pas remplies. Ces pouvoirs vont jusqu'à un certain jugement d'opportunité; ici, il faudrait tenir compte des conditions du marché et refuser de payer lorsque les coûts semblent gonflés pour des raisons suspectes... Cette technique serait plus efficace et permanente que d'investir le Conseil du Trésor d'une nouvelle mission, alors qu'il demeure présidé par un député de la majorité; elle est aussi moins coûteuse et plus permanente que de vastes enquêtes policières!

 

Jean Rémillard, Montréal.

Rédigé par Nouvelle conscience

Publié dans #Divulgation, #loi anti-mafia

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